arène

arène

arène [ arɛn ] n. f.
• 1155; lat. arena
1Vx ou poét. Sable. Étendue sableuse. « L'énorme rue-place est une arène de sable fin » (A. Gide).
2Aire sablée d'un amphithéâtre où les gladiateurs combattaient. 1. lice. Loc. Descendre dans l'arène : accepter un défi, s'engager dans un combat, une lutte. L'arène politique.
Aire sablée d'un cirque, d'un amphithéâtre où ont lieu des courses de taureaux. Le taureau entre dans l'arène.
3Par ext. (XVIe) Au plur. ARÈNES : ancien amphithéâtre romain. Les arènes d'Arles, de Vérone.
(1767) Amphithéâtre où se déroulent des corridas. Les arènes de Madrid, de Mexico. Les « pauvres gens qui venaient vendre des oranges autour des arènes » (Montherlant).
4(1846) Techn. Sable argileux. (XXe) Géol. Produit de consistance sableuse, issu de l'altération d'une roche cristalline. Arène granitique.

arène nom masculin (de aromatique) Nom générique des hydrocarbures aromatiques. ● arène nom féminin (latin arena) Espace circulaire sablé, au centre des amphithéâtres romains, où se livraient les combats de gladiateurs. Aire sablée où se donnent les corridas. Lieu qui sert de champ clos aux luttes politiques, idéologiques, littéraires : L'arène politique, internationale. Formation sableuse grossière résultant d'une décomposition chimique modérée de roches cristallines grenues et constituées de grains libérés par l'attaque sélective des constituants les plus vulnérables. ● arène (synonymes) nom féminin (latin arena) Espace circulaire sablé, au centre des amphithéâtres romains, où se...
Synonymes :

arène
n. f.
d1./d ANTIQ ROM Partie sablée d'un amphithéâtre où avaient lieu les combats de gladiateurs.
|| (Afr. subsah.) Arène ou arènes: enceinte où se déroulent les rencontres de lutte. Arènes sénégalaises.
(Québec) Ring. Arène de lutte, arène de boxe.
|| Fig. Entrer, descendre ou (Québec) monter, sauter dans l'arène: s'engager dans un combat (politique, idéologique, notam.).
d2./d (Plur.) Amphithéâtre romain. Les arènes de Lutèce.
|| Amphithéâtre où se déroulent des courses de taureaux.
d3./d GEOL Sable grossier dû à la décomposition de roches cristallines.

⇒ARÈNE, subst. fém.
A.— Littér., poét. Sable; en partic. sable qui recouvre les plages, les déserts, etc. Arène argentée, blanche, fine :
1. C'est sur la grève de la pleine mer, entre le château et le Fort Royal, que se rassemblent les enfants : c'est là que j'ai été élevé, compagnon des flots et des vents. Un des premiers plaisirs que j'aie goûtés était de lutter contre les orages, (...). Un autre divertissement était de construire, avec l'arène de la plage, des monuments que mes camarades appelaient des fours. Depuis cette époque, j'ai souvent cru bâtir pour l'éternité des châteaux plus vite écroulés que mes palais de sable.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 45.
Spécialement
1. CONSTR. ,,Espèce de sable argileux ayant la propriété de former, par son mélange avec la chaux, un mortier hydraulique`` (PLAIS.-CAILL. 1958).
2. GÉOL. Terrain détritique, très meuble, formé de grains de sable grossier, résultant généralement de la décomposition de roches siliceuses. Arène fluviatile, marine.
B.— Lang. cour.
1. Partie centrale sablée d'un amphithéâtre romain où se déroulaient les jeux du cirque :
2. ... il feuilleta, dans la biographie, l'histoire des martyrs les plus illustres. Quelle clameur du peuple, quand ils entraient dans l'arène! Et si les lions et les jaguars étaient trop doux, du geste et de la voix ils les excitaient à s'avancer. On les voyait tout couverts de sang, sourire debout, le regard au ciel; ...
FLAUBERT, Bouvard et Pécuchet, t. 2, 1880, p. 137.
SYNT. a) Arène romaine; arènes antiques; gladiateurs, rétiaires, fauves dans l'arène; les combats, les jeux sanglants de l'arène. b) Descendre dans l'arène; s'avancer, s'élancer, se jeter, triompher dans l'arène; lutter, tomber, être traîné, s'entre-tuer sur l'arène.
P. métaph. :
3. Bonaparte avait pour promenoir une arène de douze milles; des sentinelles entouraient cet espace, et des vigies étaient placées sur les plus hauts pitons. Le lion pouvait étendre ses courses au delà, mais il fallait alors qu'il consentît à se laisser garder par un bestiaire anglais.
CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 658.
P. méton., gén. au plur. Amphithéâtre.
P. ext., gén. au plur. Lieu généralement elliptique ou circulaire où se déroulent les courses de taureaux. Aller aux arènes :
4. Les clarines sonnèrent, et le premier taureau d'Alban — le noir — jaillit dans l'arène, au milieu d'un « Ah! » de contentement. En un instant, il eut parcouru tout le rond comme un écervelé.
MONTHERLANT, Les Bestiaires, 1926, p. 537.
Argotique :
5. Arène. Baraque de luttes. (En 1900, on disait : arène athlétique, arène foraine, arène de luttes), argot des lutteurs forains.
G. SANDRY, M. CARRÈRE, Dict. de l'arg. mod., 1953, p. 224.
2. Au fig. Lieu de discussions, de disputes, de heurts ou de contradictions. Arène littéraire, politique.
Descendre dans l'arène. S'engager dans une dispute, dans une lutte :
6. ... j'éprouvai jusqu'aux larmes ce tiraillement en deux sens opposés qui est mon partage depuis le début de toute cette histoire : d'une part, et par anticipation, une immense nostalgie de Versailles, et de ce que ma vie là-bas peut représenter de changement de mode d'existence sur toute la ligne : ce désir (...) de couper, ou du moins de rallonger à tel point que cela devienne pratiquement une coupure, les dernières attaches que je puis garder avec ce monde des lettres, avec lequel, décidément, par la différence d'échelle des valeurs, je n'ai rien de commun, — et de l'autre le besoin au contraire de descendre dans l'arène, de préciser, sans qu'il puisse subsister à cet égard le moindre doute, ma position, de sortir dès cet automne, dès les tâches antérieures immédiates liquidées, le fond de ma pensée, et quant à ma foi personnelle, et quant à la situation spirituelle générale.
DU BOS, Journal, 1928, p. 164.
PRONONC. :[]. PASSY 1914 et BARBEAU-RODHE 1930 attribuent à [] une longueur. Enq. ://.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. a) 1155 « sable » (WACE, Brut, 7670 ds H.-E. KELLER, Le Vocab. de Wace, 32 b : Nes peüst pas nuls huem numbrer Plus que l'areine de la mer); XVIIe s. emploi réservé à la lang. poét. (cf. BOILEAU, Art Poétique, Chant I, éd. A. Adam, 1966, Gallimard, p. 161 : J'aime mieux un ruisseau, qui sur la molle arene, [...] qu'un torrent débordé qui d'un cours orageux Roule plein de gravier sur un terrain fangeux); qualifié de ,,mot poëtique`` ds RICH. 1680; b) 1751 géol. (Encyclop. t. 1); 2. a) av. 1595 fém. plur. « amphithéâtre romain » (MONTAIGNE, I, 49 ds GDF. Compl. : Ils se pourmenoyent sus le theatre aux arenes); b) XIIIe s. sing. « espace garni de sable où se faisaient les jeux du cirque » (Vie de St Eustache en prose, éd. J. Murray, XXXV, 22).
Empr. au lat. (h)arena attesté au sens 1 dep. CATON (Agr. 14, 3 ds TLL s.v. harena, 2528, 21), attesté pour désigner l'aire de sable où se déroulaient les courses dep. VIRGILE (Georg. 3, 195, ibid., 2530, 30) mais déjà employé par CICÉRON pour désigner tout l'amphithéâtre et le spectacle (Tusc. 2, 46, ibid., 2530, 44).
STAT. — Fréq. abs. littér. :571. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 981, b) 1 190; XXe s. : a) 190, b) 838.
BBG. — BACH.-DEZ. 1882. — BAULIG 1956. — BEER 1939. — BOUILLET 1859. — CHABAT 1881. — DAINV. 1964. — GEORGE 1970. — MARCEL 1938. — NOËL 1968. — NOTER-LÉC. 1912. — PIERREH. 1926. — PIERREH. Suppl. 1926. — PLAIS.-CAILL. 1958. — ROG. 1965, p. 116, 193. — SANDRY-CARR. Lutte 1963. — ST-EDME t. 1 1824.

1. arène [aʀɛn] n. f.
ÉTYM. 1155, « sable »; lat. arena « sable ».
———
I
1 a Vx ou archaïsme. Sable.REM. Le mot, dans la langue classique, est le synonyme noble, réservé à la poésie, de sable.
1 (…) l'arène blonde (de la mer)
Ronsard, le Bocage royal.
2 L'hiver n'a point tant de glaçons (…)
L'Afrique de chaudes arènes (…)
Que pour vous j'endure de peines.
Desportes, in Huguet.
3 J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
En un pré plein de fleurs lentement se promène.
Boileau, l'Art poétique, I.
4 (…) je vis un fleuve jaune que j'avais peine à distinguer de l'arène de ses deux rives. Il était profondément encaissé (…)
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. II, p. 374.
b (1846). Mod. Techn. Sable argileux.
4.1 Il tire de l'arène sur la chaume, pour réparer un peu sa maison. C'est de bonne arène, dure à tirer, mais qui vaut de la chaux. Mais il ne peut plus ! Des douleurs partout, plus de sommeil la nuit. Il a attrapé ça en travaillant tout un mois dans l'eau.
J. Renard, Journal, 26 août 1901.
(XXe). Géol. || Arène granitique.
2 Étendue, désert de sable.
5 Figurez-vous, seigneurs, des plages sablonneuses (…) Quelquefois seulement des nopals épineux couvrent une petite partie de l'arène sans bornes.
Chateaubriand, les Martyrs, XI.
———
II
1 (XIIIe, au sing.). Mod. Aire sablée d'un amphithéâtre, d'un cirque, lieu de combat des gladiateurs (arénaires). Lice.
6 Le milieu du cirque était une arène préparée pour les combattants.
Fénelon, Télémaque, V.
7 (L'arène du Colisée), avec ses axes longs de 86 mètres et de 54 mètres, enfermait une superficie de 36 ares et elle était environnée d'un grillage métallique, distant de 4 mètres du soubassement du podium (plateforme au-dessus de l'arène) […] Alors que les gladiateurs entraient par une des arcades (…) les fauves avaient été parqués d'avance dans le sous-sol de l'arène.
J. Carcopino, la Vie quotidienne à Rome, p. 273.
8 Les gladiateurs, conduits en voiture du ludus magnus au Colisée, mettaient pied à terre en arrivant devant l'amphithéâtre, et faisaient le tour de l'arène en ordre militaire (…)
J. Carcopino, la Vie quotidienne à Rome, p. 277.
2 Loc. fig. Descendre dans l'arène : accepter un défi, s'engager dans un combat, une lutte.Entrer, se jeter dans l'arène. Carrière, champ, course, lice. || L'arène politique, littéraire.
9 De quel droit viens-tu dans l'arène
Juger sans avoir combattu ?
Hugo, Odes, I, 1.
10 L'arène de la guerre a pour nous tant d'attrait !
Hugo, Odes, III, 7.
11 (…) plus l'arène est resserrée, plus les combats seront furieux, implacablement acharnés.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., t. II, p. 50.
3 (1580). Au plur. || Arènes : anciens amphithéâtres romains. || Les arènes de Nîmes, d'Arles.
12 Je m'ennuie au forum, je m'ennuie aux arènes (…)
Hugo, Odes, IV, 8.
4 (1767, in D. D. L.). Cirque où se déroulent des courses de taureaux (y compris l'espace réservé aux spectateurs, le toril, etc.). || Les arènes de Madrid, de Mexico.(Au sing.). Aire sablée où se déroule la corrida. || Le matador, le taureau entre dans l'arène.
DÉR. et COMP. (Du lat. arena) Arénacé, arénaire, arénation, aréneux, arénicole, arénifère, arénuleux.
HOM. 2. Arène.
————————
2. arène [aʀɛn] n. m.
ÉTYM. XXe; de ar(omatique), et -ène.
Chim. Hydrocarbure aromatique. || Le benzène, l'anthracène sont des arènes.
HOM. 1. Arène.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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